Catégories
Les podcasts

Sécuriser Calais, à quel prix ?

En 1994, la France et la Grande Bretagne inaugurent le tunnel sous la manche, symbole d’une Europe en construction centrée sur la liberté de circulation. Mais contrairement aux touristes européens, les migrants kosovars qui fuient la guerre n’ont pas de moyens légaux pour arriver en Angleterre. Le tunnel et le Port de Calais deviennent donc des points de passage par lesquels les personnes exilées tentent d’atteindre la Grande Bretagne. Avant de passer en Angleterre, les migrants attendent dans le camp de Sangatte ouvert en 1999.

Mais avec les attentats du 11 septembre 2001, la lutte contre l’immigration associée, au terrorisme se durcit. Perçu par l’Angleterre comme un « réservoir d’immigrants clandestins », le camp de Sangatte, est fermé en 2002.

La même année, la France et la Grande Bretagne signent les accords du Touquet, par lesquels les Britanniques délèguent la protection de leur frontière aux français. Le principe est simple : contre un financement britannique, la France empêche, par tous les moyens, les personnes exilées de franchir la frontière. Les accords du Touquet ont été complétés depuis par de multiples arrangements, déclarations, traités entre les deux pays : plus d’argent, plus de barbelés, plus de caméras. C’est ce qu’on a nommé la « sécurisation ». 

20 ans après les accords du Touquet, le résultat de la « sécurisation » c’est que les small boats n’ont jamais été aussi nombreux. Le nombre de personnes ayant atteint les côtes anglaises par bateaux de fortune a été multiplié par 150 entre 2018 et 2022. Ces traversées peuvent être mortelles, comme lors du naufrage du 24 novembre 2021, au cours duquel 27 personnes ont perdu la vie. Avant de mourir noyées, elles avaient pourtant appelé les secours. 5 militaires viennent ainsi d’être mis en examen pour non assistance à personne en danger. 

Sécuriser Calais, à quel prix ? Un reportage de Pauline Migevant Lépine.

Laisser un commentaire